Archive pour août 2007

Le dessus du panier

Je suis toujours épouvantée quand je vois les caddies de mes contemporains à la sortie du supermarché : sodas industriels, charcuteries industrielles, sucreries industrielles, frites congelées industrielles, pizzas industrielles et autres plats raffinés industriellement qui vont aller passer quelques instants au micro-onde avant d’être dégustés par une famille dont la gourmetitude ne m’échappe pas.
Et tes courses à toi, hein ? De quoi te vanter peut-être ? Me demande Elisala qui s’inquiète de ma diététique. Alors voilà, j’avoue tout, je ne nie rien :
5 choses que j’achète à chaque fois que je fais les courses ?
Pourquoi 5 ? Mystère. C’est un chiffre magique qui permet d’accéder au nirvana du bien-manger.com ? Mais bon. J’achète à boire et à manger, principalement. Zut ça ne fait que deux. Décomposons : du lait plus un truc genre poisson ou jambon pour le soir (on déjeune au boulot). Zut ça ne fait toujours que deux. J’oubliais : des fruits. On arrive à trois ! En 4 et 5 je vais être obligée d’inventer car en fait les légumes je les prends directement chez le producteur une fois par semaine c’est super commode et frais. Alors en 4 ? Euh, tiens du pain et en 5 ? Des oranges pour notre jus du matin ! Ouf fini.
5 choses que j’achète de temps en temps ?
Ben les légumes une fois par semaine un énorme cageot, des moules à Cancale et de deux ! Troisièmement du bar pour faire griller dans la cheminée, en quatre des épices, en cinq du Pq, en six du bois pour la cheminée, en sept des médicaments, en huit du savon de Marseille, en neuf du parfum très cher, en dix des nouvelles chaussettes, en onze des livres…Zut ça fait trop ! Il y avait aussi des sardines à l’huile de Douarnenez, de la fleur de sel de Guérande, du bordeaux rouge de Bordeaux, de l’eau de Plancoët, du persil plat, des pâtes italiennes, des tomates en conserve, du lait bio pour faire mes yaourts, des citrons verts pour le ti’ punch, du rhum de la Guadeloupe, du sucre de canne, des caleçons pour mon Le-rkéo, une tresse d’ail, des oignons de Roscoff et toutes ces sortes de choses délicieuses ou rares ou chères qu’on s’offre de temps en temps.
5 trucs que je n’achète jamais ?
De la pâtée pour chien (on n’a pas de chien), des couches pour bébé (on n’a pas de bébé), de l’engrais pour les plantes vertes d’appartement (on n’a pas de plante verte ni d’appartement), des fusils (on n’a personne à tuer), des Rolls (on n’a pas les moyens).
Et maintenant que dois-je faire ? Tiens je vais aller manger un sandwich au camembert ! Mais non ! Je dois refiler ce questionnaire à de pauvres victimes de la société de consommation, des ménagères de moins de 50 ans ? Non. On va les laisser bloguer tranquille leurs grelucheries et demander plutôt à ces messieurs qui font aussi les courses, pas vrai ? Par exemple aux Pitous qui ont d’excellents magasins de machines à laver près de leur élégant salon, puis nous irons voir ce que Balto peut bien fourrer en douce dans son sac en plastique offert par C…..our, ensuite nous irons vérifier si le mari de l’ irremplaçable épouse n’achète pas du pain de mie en cachette.

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Quand je n’étais pas encore très grande

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A la fin des années 50, finie la rigolade, on a déménagé dans le Nord, à Tourcoing.
J’avais 11 ans et je me souviens que je n’aimais pas beaucoup les filles de mon collège et habiter un HLM, je détestais mettre une blouse en vichy bleu une semaine et en vichy rose la suivante, partager une chambre avec mon frère, les cours de solfège, le dentiste, apprendre à coudre, les thèmes latins, rentrer de vacances, les lentilles de la cantine.
Par contre j’aimais passer devant la chocolaterie sur le chemin du collège, faire des rédactions (dont la célèbre qui commençait par “Mon père et moi décidâmes…” et qui m’avait valu quelques sourires narquois), être convalescente avec un jus d’orange et un nouveau livre du “Mouron Rouge”, reçevoir en cadeau le dernier Tintin et Milou, jouer au diabolo et au ballon-chasseur à la récré, dévorer du cramique* aux raisins, partir en vacances le soir et voyager la nuit, faire des cabanes en fougères, aller pêcher des praires, l’odeur des crayons dans la trousse toute neuve, regarder du gros sel dans le microscope de mon frère. On jouait à deviner chacun son tour ce que l’on plaçait sous l’oeilleton, en général des échantillons d’épicerie subtilisés dans le placard maternel, farine, pâtes, lentilles etc. ou alors des rognures d’ongle, un cheveu etc. Comme ce n’était pas un microscope à balayage électronique on trouvait vite la solution et on laissait sur la table l’abondant échantillonnage de nos recherches. D’où l’ire paternelle tuant dans l’oeuf nos velléités de devenir de futurs Pasteur, voire Einstein, en nous envoyant illico faire nos devoirs.

*Brioche au raisins (”rogins”) ou au sucre candi, spécialité du Nord

Le baromètre est sympa

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Un petit rayon de soleil, un baromètre optimiste, quoi de mieux ? En ces temps de disette de beau temps (et pourtant on n’est pas difficile en Bretagne : absence de pluie = beau temps) on va se faire une orgie de soleil, pas question de rester dedans, et dehors même pas question de rester à l’ombre. Direction la mer et plus vite que ça (sauf près des radars). A Saint-Malo tout le monde avait pensé la même chose : sortir ! Mais tant pis pour la foule, nous étions tous tellement contents de revoir du ciel bleu, une mer calme, des voiles sur l’horizon, des enfants qui courent pieds nus, du sable sec et des terrasses fréquentables, que l’on s’est accomodé les uns les autres. Et puis il y avait même des endroits tranquilles sans personne, sauf les goëlands qui sont partout.

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Quand je n’étais pas grande

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A 6 ans, je jouais à la poupée (remarquez le design du landau). Avec mon petit frère (au premier plan), on attrapait le chat Pipo*, on l’habillait d’une brassière, on l’installait dans le landau et on le trimballait à toute allure dans le jardin. Le pire c’est que le chat Pipo se laissait faire sans broncher. On se gavait des fraises du grand-père qui trouvait que la récolte de cette année était médiocre…. On grimpait aux arbres, on faisait du vélo, on sautait dans les tas de feuilles mortes et on se disputait comme des chiffonniers, j’écrivais des phrases sur la porte de notre chambre dont la célèbre : “La poule a pondu un neufe” qui m’avait valu moult quolibets. On a eu la chance d’avoir une vraie enfance de sales mômes dans le grand jardin de la maison familiale où l’on habitait tous…

*Le chat Pipo était tout noir avec une belle bavette blanche. Il aimait manger les pommes de terre…crues qu’il attrapait dans la bassine d’eau de ma grand-mère !

 

Que de cartes !

Merci les filles, épisode 9 !

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A Florence tout est bien rangé, Badral y était elle pourra témoigner : pas une voiture mal garée, pas un piéton au milieu de la place, pas un papier par terre, les bancs bien alignés, l’église bien symétrique. En Italie tout est bien propre et rangé, c’est pas comme en Bretagne où c’est un vrai b., les rochers sont même pas droits, même pas alignés et les vagues partent dans tous les sens avec de l’écume partout et personne pour l’essuyer. Du coup Max se gave de crêpes pour se consoler. Tiens revoilà notre Camarade-sergent-principal-Wang Hai ! Il a pris du galon, le Parti lui a même offert une paire de jumelles japonaises pour lesquelles le Parti se réjouit d’avoir obtenu une réduction de 5% ! Le texte raconte les péripéties du Camarade-Colonel Wang Hai qui, après avoir absorbé un canard laqué au gingembre dans le restaurant “Le Dragon de la Montagne Rouge” a tout vomi sur le pantalon du Camarade Général (son nom est caché par les sceaux) lequel a fait fermer cet établissement capitaliste qui a été rouvert plus tard sous le nom de “Perle de Jade” et a enlevé de sa carte le plat incriminé. On voit bien qu’en Chine ça avance tout de même ! Ceci dit, Florazoom, auteur de cette carte l’avait bien perçu.
Et puis, tout à coup je m’aperçois que j’avais oublié la Vierge que Viv-Vivenef m’avait envoyée, bavure ! Donc c’est une Vierge, un peu maigre malgré sa grossesse encore proche. On voit bien qu’elle est allée chez le coiffeur qui lui a fait des ondulations plaquée, ce qui est vraiment fortiche. La Vierge est enrhumée, son nez coule, mais comme elle a oublié son mouchoir elle reste bien raide, bien digne pour la pose. Son moufflet, bien sage ne braille pas et tend gentiment la main (pour qu’on lui donne sa totote, son doudou ?). Ils portent tous les deux une espèce de robe-chemise avec un million de plis que ça doit être bonjour le repassage. Au XIIe siècle (date de la photo, euh de la statue) on ne rigolait pas avec le repassage, ça non ! Si ils sont noirs ce n’est pas qu’ils arrivent d’Afrique, si ? On n’avait pas dit que le regroupement familial…. ? Ah bon.

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Que d’eau !

Il pleut sans cesse et je ne suis même pas à Brest. Tout est trempé dans ma campagne, les fleurs pourissent et même les hortensias, plantes éternellement assoiffées, font grise mine. Il pleut, quoi. Et puis je n’ai même plus d’idée pour écrire. Heureusement l’escargot est content et aussi le photographe qui peut faire de jolies images de gouttes d’eau en gros plan.

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PS. Au secours ! Des idées ! Un thème que vous aimeriez bien !

Edit : j’ai trouvé un titre qui devrait m’inspirer :

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Quelqu’un le connaît ? L’a déjà lu ?

Relais des cartes, merci les filles ! 8

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Mood a réussi à trouver une vue aérienne ancienne de Carcassonne. J’imagine le pilote dans son biplan avec ses lunettes, son casque en cuir et son écharpe qui vole, en train de négocier un virage à gauche à 2000 pieds, tout en dessinant vite fait ce qu’il voit. Il a du mettre les couleurs à la maison ou au moins à l’aérodrome. Et pour le plan ? Il n’avait même pas Gogole-mape ! Moi je dis : quel talent !

Ginaluna, qui me connaît bien, me propose un petit blanc bien frais et quelques bretzels croustillants. Mais, chose plus étrange, c’est au dos d’une carte où des danseurs manchots, mais à trois jambes, se dandinent dans un tonneau sur une planche en équilibre. La dame en coiffe traditionnelle alsacienne semble goûter cet instant avec ravissement. Ce qui n’est pas le cas de son cavalier, qui, enfoui dans le cou de la dame, se demande ce qui lui arrive. Fallait pas entrer dans ce tonneau avec la grande perche, mon vieux ! Ah, c’était Intervilles ? Non ? Ah, la foire aux vins d’Alsace ! Voilà ce que c’est d’abuser du Riesling !

 

Ivresse livresque et voyage nippon

A Bécherel (Ille-et-Vilaine), ce qu’il y a de bien c’est que tous les magasins sont des librairies, le plus souvent de livres d’occasion. Alors si vous cherchez un boucher-charcutier ou une quincaillerie, passez votre chemin. Bref, ces nombreux libraires ouvrent souvent le dimanche, et font parfois aussi bistrot ou crèperie ou les deux. Mais samedi ils ont fait fort : ouverts toute la nuit ! Lecteurs insomniaques c’était votre jour de chance ! Evidemment nous y étions, à cette nuit du livre où il n’y avait pas de lumières municipales, que les petites loupiotes des nombreux étals de livres, plus un orchestre de jazz. Tiens c’était Noël !

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Quelques livres bon marché sont tombés dans mon escarcelle en prévision du lendemain où nous avions rendez-vous au Japon avec quelques lecteurs forcenés et une mousse au chocolat.

 

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Au Japon un ours lisait mais, par contre, les lecteurs forcenés n’ont pas lu. Ils ont pique-niqué tout en devisant gaiement près de l’eau, des canards et des carpes sauteuses et en échangeant leurs livres. Le Japon* c’était rudement bien, on y retournera. Parce que les lecteurs forcenés** ils le valent bien !

* Ile de Versailles à Nantes (Loire-Atlantique)
**Bookcrosseurs (en live)

Relais des cartes, merci les filles ! 7

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Une avalanche ! Normal on est en août en Bretagne. Cette fois les cartes postales arrivent d’endroits extraordinaires où l’on trouve des merveilles de la nature, de l’architecture et des séries TV réunies !
Je n’avais jamais reçu de carte chinoise, j’en rêvais, Florazoom l’a fait ! C’est un extrait de journal qui raconte la vie et l’ascension du camarade-sergent de seconde classe Wang Hai qui est entré au Parti et qui va pouvoir enfin emménager dans une 1/2 pièce avec un rideau à l’effigie du camarade-Timonier, grâce au Parti. Voyez sa légitime fierté sur la photo. Une partie du texte a été coupée par le Parti, désireux de propager une saine morale et non les aventures amoureuses du camarade-sergent de deuxième classe Wang Hai qui aurait dû épouser la camarade-ouvrière Chunhua de la fonderie n°4 et qu’au lieu de ça le camarade-sergent de deuxième classe Wang Hai a….Eh bien on ne le saura jamais ! En Chine la presse people a ses limites, semble-t-il.
Pendant ce temps, Impromptu qui ne perd jamais de temps m’a trouvé un appartement à Bruxelles ! Pas mal non ? Bon il n’y a qu’une pièce par étage mais ça a une allure folle. Il faut juste faire attention à vos ballons les enfants, parce que la note du vitrier, je te dis pas !
Mistigree aime beaucoup les animaux et quand elle était petite elle voulait faire vétérinaire, d’ailleurs. Entre un bouquetin et deux castors elle a cru apercevoir un inspecteur Derrick ! Son coeur s’est alors mis à battre très fort et elle a décidé de faire allemand en deuxième langue et d’escalader les Pyrénées afin de réintroduire, en même temps que les malheureux ours slovènes, des inspecteurs Derrick, une espèce en voie de disparition. Merci Mistigree pour ton dévouement !
Lolilounette quant à elle ne se fait pas de bile sous les eucalyptus espagnols, elle bouquine tranquillement près des fleurs parfumées du vieux puits qui est à sec depuis des lustres. Lolilounette fait la sieste parmi les aloe vera des îles Baléares. Lolilounette rêve dans la douce ombre des palmiers. Lolilounette, arrête ça m’énerve ! Et en plus il fait beau ? Pfff !

 

Vous avez dit gastronomie ?

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Le livre* dont est tiré cette recette n’était pas terrible, terrible. Télérama qui en dit le plus grand bien, parle de “l’envoûtement du récit” eh bien moi il m’a tellement envoûtée que je me suis assoupie dès la page 10 et qu’après, le devoir me l’infligeant, je me suis traînée jusqu’à la page 113 où j’ai définitivement laissé tomber (au propre comme au figuré) ce roman que, moi, j’ai trouvé insipide et où j’ai vainement cherché “sa puissance, sa maîtrise et son propos” (Cette critique vient du magazine Lire).
Cette recette que j’ai trouvée avant la page 113 n’est pas plus envoûtante ni sipide que le reste. J’imagine mes belles crevettes fraîches bouillottant avec des pommes de terre puis arrosées de ketchup…Berk ! Le citron, la sauce Worcestershire et le raifort peuvent-ils amériorer ce désastre culinaire ?

*Le Paradis perdu de Mercury de Brad Watson , sélection du prix des lecteurs 2007 du Livre de Poche

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La vie des livres

"Les livres sont une des rares choses que les hommes chérissent vraiment. Et les esprits les plus nobles sont ceux-là aussi qui se séparent le plus facilement de leurs plus chères possessions. Un livre qui traîne sur un rayon, c’est autant de munitions perdues. […] Quand vous vous êtes nourri l’esprit et l’âme d’un livre, vous vous êtes enrichi. Mais vous l’êtes trois fois plus quand vous le transmettez ensuite à autrui." Henri Miller

Mais qu'est-ce que vous racontez ?