Archive pour septembre 2007

L’eau du robinet, à bicyclette, étape 5

L’eau du robinet arrive par des tuyaux qui, eux-mêmes, viennent d’une construction à l’architecture plus ou moins esthétique (plutôt moins d’ailleurs), le château-d’eau. Mais un panneau indiquant “station de pompage”, donne l’indice d’une installation qui, composé principalement d’une pompe, doit permettre de soutirer l’eau qui nous arrive, via le “château”, bien chlorée et à grands frais, dans l’évier. Allons voir ça.

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L’étape est facile, toute en descente et j’arrive à grands coups de freins dans une petite vallée boisée de peupliers et de pommiers au travers desquels j’aperçois un bâtiment au toit plat. Les maïs sont restés plus haut permettant ainsi aux traitements chimiques de ruisseler jusqu’à la “station” d’être naturellement filtrés. Après, de toutes façons, on lave l’eau, d’ailleurs je paye pour !

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L’endroit est désert, fermé par une grille et le bâtiment, de dimensions modestes, est plus que banal. On ne voit pas de pompe et on n’entend rien. Rien n’indique quoi que ce soit, pas le moindre petit tuyau en vue, pas d’antenne, pas de câbles, rien que ce petit bâtiment ridicule derrière la grille.

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Bon, zut, faut remonter la petite route. Arrivée sur la départementale, les voitures foncent (comme moi quand je suis dedans), me doublent en me rasant les miches et les vaches me tournent le dos.

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La vie de château des livres

Hédé est un gros bourg situé entre Rennes et Saint-Malo, construit “à l’ombre de son château millénaire” comme écrivent les prospectus des offices du tourisme. Du dit château il ne reste pas grand chose, une enceinte de forts murs qui dominent la vallée et un chicot de donjon, toutefois imposant. Vu d’avion ça donne ça :

A gauche du cliché on peut distinguer les traces d’un terrain de basket (si si c’est important).

Une fois sur terre on se retrouve sur une grande esplanade herbeuse qui sert souvent à des fêtes locales. Et, effectivement, un petit festival y avait lieu ce samedi : “Convivial’Art”. Quelques barraquements, de l’artisanat, un tipi à relaxation et sophrologie, des démonstrations de panneaux solaires, des toilettes sèches, des galettes-saucisses bio et une petite foule sympathique de Babs en Combi WV, donnaient le ton. Un arbre à livres dans ce contexte était tout à fait indiqué et le “directeur” tout à fait enthousiaste. Le hic c’est que, s’il y a des arbres tout autour de l’enceinte, il n’y en a pas à l’intérieur (voir photo plus haut). Nous nous sommes donc attribués les pieds qui supportent un des paniers de basket (celui du haut sur la photo aérienne). Et voilà ce que ça a donné :

Installés le matin, en fin d’après-midi il restait encore la moitié des livres, à terre, arrachés par des mains peu scrupuleuses. Il n’y avait pourtant pas de nœuds difficiles à défaire pour prendre les livres. Vous avez dit écologie ? Pleins de petits enfants turbulents et non surveillés en sont peut-être les responsables ? Enfin je l’espère ! J’ai ramassé les naufragés et les ai posés sur une table de la buvette, à l’abri. Et maintenant advienne que pourra !

Au village sans prétention, étape 4

A bicyclette on peut aller chercher le pain. C’est donc ce que j’ai fait car ma maison est dans la prairie, loin (c’est relatif) du village et la civilisation. Quelques kilomètres de bitume (je vous passe les champs de maïs) mènent jusqu’au bourg. Celui-ci se compose d’une place avec une église et un monument aux morts, quelques maisons de pierre et deux commerces au faîte de la modernité : une boulangerie-supérette et un marchand de chaussures-Poste. Un restaurant, un bar-tabac et la Mairie complètent l’ensemble du “centre-ville”. Comme j’avais oublié mon porte-monnaie je n’ai pas pu acheter ma baguette. De toutes façons elles sont en carton ici. Le village, bien que peu animé, garde cependant un charme mélancolique avec son presbytère austère (c’est pour la rime) et une vieille demeure abandonnée enfouie dans une végétation aussi abondante que peu maîtrisée.
Mais ici, comme ailleurs, le besoin se fait sentir de mettre les gens dans des lotissements. Maisons banales toutes identiques du Finistère à l’Ille-et-Vilaine, faites de ciment coloriées teinte beurre frais avec leurs 10m² de pelouses sur lesquelles sont posés le barbecue, la cabane en plastique et le toboggan de plastique pour le môme. Un décor de rêve dont toute la Bretagne se dote. Comment transformer une petite commune rurale ennuyeuse en grande commune banlieusarde ennuyeuse.

Le presbytère, une maison, la Poste et le lotissement.

La météo à bicyclette, étape 3

Ce soir, il pleuvait. J’ai quand même enfourché mon engin à deux roues, bien couverte d’une sorte de poncho en plastique qui hélas n’est pas rouge mais tant pis. Le temps maussade m’inspirant, j’ai décidé d’aller visiter une station météo. En effet notre commune peut s’enorgueillir de posséder sur son territoire un établissement de chez Météo-France leur permettant d’annoncer sur écran le temps que je vois par ma fenêtre.
La route toute plate et toute droite qui y mène est sobrement bordée de maïs et de poteaux métalliques. Alors, avec la pluie et en imaginant des pavés je me croyais presque sur le Paris-Roubaix.

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Après quelques minutes dans l’enfer (imaginaire) de la course j’ai pu approcher de la fameuse station, nichée dans son écrin de maïs.

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A première vue elle se compose d’un haut piquet surmonté d’une girouette, d’un modeste petit moulin qui tourne au vent et, sur de petits piquets, d’une bouteille en plastique, d’un entonnoir et d’une boîte blanche. Rien de bien impressionnant, faire Paris-Roubaix pour ça ? pfff !
Toutefois, Météo-France, dans un louable effort de pédagogie, a apposé sur le grillage un panneau pour nous expliquer, à nous villageois ignares, ce qu’ils ont installé dans leur carré d’herbe. Si vous êtes un villageois ignare, clic sur la photo, sinon passez au paragraphe suivant.

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En réalité ce sont des instruments de mesure de haute précision, alimentés par panneau solaire et pilotés par ordinateur. Et dire que ça revient dans ma télé par l’intermédiaire d’une créature souvent blonde et à la tenue toujours époustouflante ! Le progrès fait rage.

J’ai une belle bicyclette, étape 2

Ce qu’il y a de bien avec le Tour de Feins c’est que je peux choisir l’étape et le jour de celle-ci, ainsi que l’heure. En outre, à Feins il n’y a pas le Tourmalet, les vitamines à prendre et les analyses d’urine. Le maillot jaune c’est quand je veux et j’ai un rétro sur mon guidon, la classe. L’arrivée n’est pas prévue aux Champs Elysées ni ailleurs, on verra ça en temps utile. Donc aujourd’hui j’ai fait un genre de micro-étape, histoire de me mettre en jambes. Ce n’est pas à vrai dire le tour du pâté de maisons, mais plutôt le tour du pâté de campagne (rires enregistrés). Etant donné que Feins est établie sur un plateau, il faut dire que, si l’on prend bien soin de ne pas outrepasser les limites de la commune, les routes ne présentent pas de côtes abominables mais du plat, zen, serein. Quelques petits faux-plats pour rigoler un peu (rires enregistrés) mais c’est tout.

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Le remembrement n’a pas été trop ravageur ici, des haies de chênes sont encore préservées mais de vastes parcelles ont néanmoins été aménagées en sacrifiant arbres et buissons pour cultiver cette horreur, le sacro-saint maïs, donné aux vaches pour qu’elles produisent encore plus de lait qui sera déversé devant la Préfecture. Le maïs c’est même pas une plante de chez nous, ça pompe un max de flotte, d’engrais et de pesticides qui donnent le cancer et tuent les abeilles.
Au détour d’une prairie ombragée on peut découvrir un cheval à la croupe rebondie et au caractère placide, le fameux “postier breton”. Il ne travaille plus, le tracteur c’est plus fun tout de même !

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J’ai une belle bicyclette, étape 1

Je ne fais pas de vélo. Non, non, je fais de la bicyclette, nuance. Le vélo est pratiqué par d’étranges êtres aux mollets sculptés, affublés de costumes moulants aux couleurs fluo et qui pédalent furieusement le dimanche sur nos routes de campagne ou dans des courses aussi officielles qu’agrémentées de chimie pharmaceutique. A bicyclette, comme le roucoulait Yves Montand, on ne se déguise pas et nos mollets peu sculptés et planqués sous un pantalon ordinaire, moulinent dans les côtes pour nous faire avancer à la vitesse d’une mémé en déambulateur. Mais qu’importe, dans la descente on double la mémé haut la main. Donc je fais de la bicyclette. Mais pas quand il pleut (ce qui n’est pas rare ici) ni quand il neige (ce qui est exceptionnel). Je ne vais pas très loin non plus, il ne faut pas fatiguer son coeur, n’est-ce-pas. Mais grâce à ce moyen de transport économique et hygiénique je vais effectuer le Tour de Feins, étape par étape, et ainsi vous faire découvrir les moeurs, coutumes et paysages de cette commune rurale bretonne où je réside.

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Ma bicyclette est assortie au massif fleuri, dénotant le subtil raffinement du bicyclettisme, inconnu du cyclisme.

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Le Tour de Feins commence devant chez moi.

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Je passe devant la pelouse de notre voisin, au décor remarquablement sobre, juste souligné d’une bâche en plastique bleu et des petits oriflammes de la lessive qui sèche.
Mes pneus sont dégonflés et j’ai des tas de trucs à faire, prochaine étape bientôt.

Quand je me croyais grande

fani62.jpgDans les années 60, je n’aimais pas rentrer de vacances, le foie de génisse, le Général de Gaulle, l’injustice, les animaux morts sur la route, aller à l’église, marcher en rond dans les bois, le cirque, l’odeur des frites, me faire engueuler, ranger ma chambre, être myope, les déjeuners de famille, me faire larguer par un amoureux.  Par contre j’aimais nager, les beaux garçons bruns, danser le rock, lire n’importe où, les Beatles, me maquiller comme une princesse égyptienne, le cinéma, les crêpes beurre-sucre, la rue Champollion, parler sans fin avec ma copine, l’odeur des algues, les photos en noir & blanc, traîner avec les copains au bord de la plage, les jeans, marcher pieds nus, les pulls marins, aller à une manif, faire du stop, Jean-Sébastien Bach, la cuisine chinoise, être au lit avec une toute petite grippe de rien du tout et une tonne de bouquins…Parfois je me dis que j’ai à peine changé, sauf mon physique qui n’a pas évolué dans un sens flatteur, vu les nombreuses années qui se sont acharnées sur moi depuis. Et puis je n’ai plus de Solex. Et avec ça le Général de Gaulle est mort et les beaux garçons bruns ont les tempes argentées,  à c’t'heure !

De Saint-Malo à Frisco ! Hissez haut ! Hissez haut !

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Bon, je ne vous prends pas en traître, au dernier moment : Rendez-vous à Saint-Malo le 21 juin 2008 ! Tous les renseignements sont sur ce site qui en parle ! Préparez-vous à vivre un WE d’émotions, de rencontres, de semis de livres et de cidre bouché !

Audimat

Me voilà qui arrive ici avec pas d’idée, du tout. Et pourquoi il m’en faudrait, des idées d’abord ? Pour mes quelques lecteurs, voyons ! Mon audimat baisse, baisse, je vais être obligée de me renvoyer !
En plus je constate une chose : on raconte comment on a acheté une paire de chaussure avec photo des godasses et on écope de 30 commentaires (d’accord plutôt nunucho-bisounours). Par contre on écrit avec son sang une petite chronique qu’on pense spirituelle et quoi ? Personne ne commente (trop béat d’admiration, que j’imagine pour me rassurer). Ahah ! Avide de compliments la Larkéo ! Du coup je pense passer beaucoup de temps à parler des mes grolles. A propos, un jour je vous ferai mon portrait en pied en grande tenue archéologique, souliers de sécurité inclus. On va bien rigoler. Et j’aurai 50 commentaires bisouno-nunuches, enfin !
En attendant le portrait en pied de mes pieds, voici le portrait en pied de mon cerveau :

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Alors donc je vous le demande un peu, pourquoi vous venez ici ?

Encore des cartes !

Les hirondelles commencent à se rassembler sur les fils, le beau temps est revenu, les touristes sont repartis, on voit bien que l’automne approche. Eh bien pas du tout : je reçois encore des cartes postales, j’ajouterai de toute beauté et des quatre coins de la planète qui est ronde, faut-il vous le rappeler ?
Voici ces petits chef-d’oeuvre de l’art photographique et postal réunis : quelques vues exotiques qui réjouissent mon âme, amatrice de curiosités et de voyages.

 

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Même Boulogne-sur-Mer avec ses bateaux pressés les uns contre les autres prend un petit air asiatique qui n’a pas échappé à Marie-Tartine. A Plonkos, où Hélène essaye de me faire croire qu’elle a été, les vestiges archéologiques sont laissés dans un abandon absolument déplorable et, pendant que les archéologues flirtent sans vergogne, les marmoréennes colonnes s’écroulent alors qu’au Pérou, à Machu-Pichu, les archéologues balayent avec un minuscule pinceau chaque pierre chaque matin : Elisala et Tof les ont vus. Au milieu des hautes herbes des Causses les brebis paissent tandis que le papy-casquette, qui a garé sa voiturette en contrebas, rêve au grand bleu (le fromage pas la plongée). Mais Landrellec qui a choisi cette carte lui a trouvé un petit air de grandes prairies américaines, ciel tourmenté et érosion patiente qui a transformé une roche en monstre fabuleux.
Merci à tous !


La vie des livres

"Les livres sont une des rares choses que les hommes chérissent vraiment. Et les esprits les plus nobles sont ceux-là aussi qui se séparent le plus facilement de leurs plus chères possessions. Un livre qui traîne sur un rayon, c’est autant de munitions perdues. […] Quand vous vous êtes nourri l’esprit et l’âme d’un livre, vous vous êtes enrichi. Mais vous l’êtes trois fois plus quand vous le transmettez ensuite à autrui." Henri Miller

Mais qu'est-ce que vous racontez ?