Quand je me croyais grande

fani62.jpgDans les années 60, je n’aimais pas rentrer de vacances, le foie de génisse, le Général de Gaulle, l’injustice, les animaux morts sur la route, aller à l’église, marcher en rond dans les bois, le cirque, l’odeur des frites, me faire engueuler, ranger ma chambre, être myope, les déjeuners de famille, me faire larguer par un amoureux.  Par contre j’aimais nager, les beaux garçons bruns, danser le rock, lire n’importe où, les Beatles, me maquiller comme une princesse égyptienne, le cinéma, les crêpes beurre-sucre, la rue Champollion, parler sans fin avec ma copine, l’odeur des algues, les photos en noir & blanc, traîner avec les copains au bord de la plage, les jeans, marcher pieds nus, les pulls marins, aller à une manif, faire du stop, Jean-Sébastien Bach, la cuisine chinoise, être au lit avec une toute petite grippe de rien du tout et une tonne de bouquins…Parfois je me dis que j’ai à peine changé, sauf mon physique qui n’a pas évolué dans un sens flatteur, vu les nombreuses années qui se sont acharnées sur moi depuis. Et puis je n’ai plus de Solex. Et avec ça le Général de Gaulle est mort et les beaux garçons bruns ont les tempes argentées,  à c’t'heure !

10 Réponses vers “Quand je me croyais grande”


  1. 1 véron 14 septembre 2007 à 8:35

    dis toi que ton beau brun n’est même pas ….. chauve et que ta myopie retarde un peu les problemes de presbytie des post-50 ans !!
    (technique du verre 1/2 plein ou 1/2 vide )

  2. 2 M'ados 14 septembre 2007 à 10:18

    Ca alors!!!!… on s’est forcément rencontrées. Sauf que je n’allais pas à l’église, et que je préfèrais déjà le jazz aux Beatles…

  3. 3 Mosava 14 septembre 2007 à 12:33

    “Le solex” : effet madeleine garanti pour toute une génération

  4. 4 Didier Goux 14 septembre 2007 à 2:06

    Sans même parler du foie de génisse qui n’est plus celui qu’on avait, allez !

  5. 5 Septentria 14 septembre 2007 à 3:48

    J’adore cet auto-portrait ! Honnêtement, je ne pourrais pas en faire autant… ;-)

  6. 6 Mosava 14 septembre 2007 à 9:03

    Et qui se souvient de Janine Vila
    http://old.coucoucircus.org/series/generique.php?id=547
    le solex et le bandeau dans les cheveux te donne bien un petit air…

  7. 7 grain de sel 14 septembre 2007 à 11:14

    incroyable tout ce que tu n’aimais pas !!! :)
    ma grand-mère avais un solex et j’ai toujours été jalouse car moi (qui étais la p’tite dernière) j’ai jamais eu le droit d’en faire, m’en fous d’abord plus tard j’ai eu une mobylette NA!!
    :D

  8. 8 Hélène 15 septembre 2007 à 11:24

    J’ai eu plus de chance que toi : j’aimais et aime toujours les beaux bruns, mais ce que je préférais et préfère toujours ce sont les yeux bleus et ceux-là, ils ne s’argentent pas ! Alors roux aux yeux bleus c’est pas mal non plus !
    Point de solex en 70, mais un Peugeot, les crêpes beurre-sucre mais surtout la mousse au chocolat, la grippette pour les mêmes raisons, les piles de bouquins que je rapportais de la bibliothèque par dérogation, écrire sans fin à mes copines sur du papier bleu avec une pensée dans le coin en haut à gauche …
    Nostalgie quand tu nous tiens.

  9. 9 Larkéo 15 septembre 2007 à 5:25

    - Véron : mon beau brun je l’ai toujours connu argenté !
    - M’ados : aimer les Beatles ne m’empêche pas d’aimer aussi le jazz !
    - Mosava : le Solex, toute une époque ! Et le bandeau itou ! Janique Aimée !
    - Didier Goux : j’ai toujours préféré la douzaine d’huîtres de Cancale n° 3 à tous les foies imaginables (même le gras)
    - Septentria : tu es trop jeune pour faire le même portrait, voyons !
    - Grain de sel : Comment ? Tu n’as pas eu de Solex ? Tes parents indignes auraient du être punis pour ça !
    - Hélène : Ben les yeux bleus j’aime aussi…

  10. 10 beat 15 septembre 2007 à 5:59

    superbement bien écrit ……bravo

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La vie des livres

"Les livres sont une des rares choses que les hommes chérissent vraiment. Et les esprits les plus nobles sont ceux-là aussi qui se séparent le plus facilement de leurs plus chères possessions. Un livre qui traîne sur un rayon, c’est autant de munitions perdues. […] Quand vous vous êtes nourri l’esprit et l’âme d’un livre, vous vous êtes enrichi. Mais vous l’êtes trois fois plus quand vous le transmettez ensuite à autrui." Henri Miller