Le voyage à Paimpol, encore

Vous vous souvenez ? Paimpol et sa falaise chantée par Théodore Botrel, la pêche en Islande racontée par Pierre Loti ? les goélettes, le pardon, la croix des veuves, Yann et tout le tralala romantique maritime ?
La baie de Paimpol présente bien une vague colline mais de là à l’appeler falaise, c’est du même tonneau que la sardine de Marseille sensée boucher le Vieux-Port. Exit la falaise, à nous deux la grand-pêche. A part un petit musée discret rappelant cette épopée, rien de rien. Plus une seule goélette. Enfin si, une, mais dans quel état!

Une goélette en partance pour l’Islande, au début du XXe siècle

Une goélette en partance pour l’oubli au début du XXIe siècle

Pas un seul hommage à ces marins qui ont été exploités honteusement. Dans le port, quasi plus de bateaux de pêche, deux ou trois chalutiers-coquilliers quand même et les barges en alu des ostréïculteurs, au milieu d’un million de bateaux en plastique au dessus desquels trônent les camping-cars. La maison de Pierre Loti accueille une boutique de coiffure et les belles maisons d’armateur des hôtels et des restaurants.

La maison où Pierre Loti écrivit “Pêcheur d’Islande”

Mais où est donc passé le pêcheur d’Islande ? Réduit à un mythe ? Au pittoresque ? Or, la pêche en Islande était loin, immensément loin du pittoresque mais aussi du mythe. Un ancien d’Islande, Yves le Roux, concluait ainsi son récit : “nous ne faisions pas l’Islande par plaisir, ni vocation, comme on l’a trop souvent écrit, mais seulement pour nous remplir le ventre ; et ce remplissage-là, croyez-moi, on le payait cher”. Il ne reste plus à Paimpol que des restos-moules-frites, des marchands de souvenirs marins et de sardines à l’huile… de quoi se faire frissonner, non ?

Le quai entre les deux bassin du port, hier et aujourd’hui

A lire : “L’épopée islandaise” de François Chappé qui démonte tous les mythes de la pêche en Islande et montre la dure réalité de ce que fut la vie des marins de cette époque

3 Réponses vers “Le voyage à Paimpol, encore”


  1. 1 Catherine Goux 12 mai 2008 à 8:29

    Que c’est déprimant ! J’ai agrandi la photo de la goélette, eh bien, si vous n’aviez rien dit j’aurais pensé à un tas de gravats. Comme c’est triste. Mais je suppose que c’est la même chose pour toutes les époques !

  2. 2 Tony 13 mai 2008 à 10:01

    En fait, pour visiter un musée sur les pécheurs français en islande il vaut mieux aller… en Islande (http://voyageenislande.free.fr/guide/est/faskrudsfjordur.htm). Sinon Paimpol a quand même une piscine baptisée “islandia” (!).

  3. 3 Catherine Goux 13 mai 2008 à 8:28

    Tony, merci pour le lien. Moi qui rêve d’aller en Islande ..

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La vie des livres

"Les livres sont une des rares choses que les hommes chérissent vraiment. Et les esprits les plus nobles sont ceux-là aussi qui se séparent le plus facilement de leurs plus chères possessions. Un livre qui traîne sur un rayon, c’est autant de munitions perdues. […] Quand vous vous êtes nourri l’esprit et l’âme d’un livre, vous vous êtes enrichi. Mais vous l’êtes trois fois plus quand vous le transmettez ensuite à autrui." Henri Miller

Mais qu'est-ce que vous racontez ?