Archive pour la catégorie 'Archéologie mon amour'

T’es où ?

Dans le train ! Enfin, pas tout à fait mais ça ne saurait tarder. Oui, je quitte ma campagne cet après-midi pour un tour à la capitale afin d’assister à un colloque des plus sérieux sur l’histoire de l’archéologie. En fait (chuuuut) des vacances. Yipiiii !

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A dimanche, et prenez soin de vous.

Les embruns qui fouettent le visage

Ce qu’il y a de bien avec les weekends c’est que l’on peut faire des promenades dominicales. Et ce qu’il y a de bien quand on habite en Bretagne c’est que l’on peut faire ces promenades dominicales au bord de la mer. Et ce qu’il y a de bien au bord de la mer c’est que des embruns glacés vous fouettent le visage. Mais avant de lancer des embruns glacés au visage de notre invitée (on a le sens du romantisme, nous), il fallait parfaire sa culture par la visite de quelques monuments typiquement bretons. Nous avons donc, après l’allée couverte ci-dessous décrite, été admirer le menhir le (presque) plus haut d’Europe. On ne sait pas à quoi ça servait à l’époque (-4000 ans avant JC ), on a perdu le mode d’emploi. Les archéologues émettent bien quelques hypothèses en prenant l’air préoccupé mais finalement ils ne savent pas trop de quoi il retourne.

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Suite de quoi nous avons été au Mont Saint-Michel. Comment ça il n’est pas breton ? Ah ah ! Mais les travaux de désensablement le remettent en Bretagne, (air faussement innocent) vous ne saviez pas ? En tous cas le Mont Saint-Michel il est beau. Surtout vu de loin, sans les campings-cars et les autobus bourrés de japonais qui se photographient mutuellement devant le restau de la Mère Poulard. Mais pour les embruns c’était pas gagné car la mer était basse,  au large, ce qui, au Mont Saint-Michel, n’est pas la porte à côté.

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Encore une fois le jour s’est mis à tomber et il a fallu abandonner notre tournée culturelle et les embruns. Mais nous n’avions pas dit notre dernier mot puisque le lendemain nous irions voir de plus près l’océan (qui rugit, forcément).

Tiens, un jour je vous raconterai une petite fouille que j’ai faite sur le Mont. Rappelez-le moi à l’occasion.

Il pleuvait sur Pacé*

Mais nous y sommes allés quand même car nous sommes de vaillants archéologues, bretons de surcroît. Et puis l’arc en ciel a pointé notre camionnette : il y avait donc des vestiges hyper importants et super beaux pas loin. Je crois fermement aux signes du ciel. Tu parles. Sous les maïs, juste des vers de terre : “A table, les bergeronnettes ! C’est servi !”. Et voilà, encore une fois je déçois mon fidèle public, la découverte sensationnelle (pour laquelle les médias abandonneraient même leur cher président) n’était pas pour cette fois.

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*Pacé est une banlieue plutôt chic de Rennes où les lotissements poussent aussi rapidement que les orties dans mon jardin.

Pour se consoler, une trouvaille musicale à la demande générale de Mosava :

La femme au foyer

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Même pendant le travail, je suis au foyer.

Des grands trous, toujours des grands trous

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Voici mon actuel terrain de jeu et mon jouet (l’espèce d’insecte jaune à gauche) à faire des trous. Ca s’appelle diagnostic archéologique et c’est fait pour déterminer si il existe un ou des sites archéologiques dignes d’une fouille là où des aménagement prévus risquent de détruire des vestiges.
Sept hectares de terre bien noire, on se dit :”oh le beau terreau!” et on a tort. Cette terre est morte, pas un ver de terre, pas la moindre petite bestiole ni volante ni rampante ni rongeante. Rien. Cette terre a été assassinée à grand renfort de pesticides et ce qui y pousse aidé à grand renfort d’engrais chimiques. Dessous, dans une arène* douce et jaune comme le beurre, des traces plus foncées sont apparues pour nous rappeler que, dans des temps très anciens (du genre 2000 ans avant l’avènement d’Internet) des personnes ont sculpté et cultivé un paysage que l’on s’est empressé de gâcher.
Bientôt, à la place de mes tranchées bien rangées, on trouvera un tas de maisons néo-bretonnes à des prix que je n’ose même pas imaginer.
Des questions ?

*C’est le sable de décomposition du granite sous-jacent

Des fouilles curieuses

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Me voici, bien installée dans mon bureau avec vue sur des arbres, pour rédiger un article sur une fouille que j’ai dirigée en 2003. Misère, enfer et damnation, pas un mot ne sort de mes doigts, via mon cerveau, vers mon clavier.

Pourtant c’était chouette comme fouille : un bout de monastère fondé au début du XIIIe siècle à Dinan (Côtes d’Armor), des murs en pagaille, des remblais énormes, des collègues plein d’allant, des fiches, des plans, des dessins de céramique, de la stratigraphie, une monnaie ducale, des truelles et des balais, des photos, la vue sur les remparts, un bon petit resto, que des bons souvenirs quoi. Et puis du résultat ! Ben non, impossible de raconter quelque chose d’intéressant, fi des Pyramides et des tombes secrètes, j’ai un morceau d’abbaye et je ne sais pas quoi en dire ! Ah si, du technique, des successions de couches et des reprises dans les murs, ça je vous en fait un rapport de 100 pages (d’ailleurs il est fait depuis belle lurette).

Vous aimeriez en savoir quoi de ça ?

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La vie des livres

"Les livres sont une des rares choses que les hommes chérissent vraiment. Et les esprits les plus nobles sont ceux-là aussi qui se séparent le plus facilement de leurs plus chères possessions. Un livre qui traîne sur un rayon, c’est autant de munitions perdues. […] Quand vous vous êtes nourri l’esprit et l’âme d’un livre, vous vous êtes enrichi. Mais vous l’êtes trois fois plus quand vous le transmettez ensuite à autrui." Henri Miller

Mais qu'est-ce que vous racontez ?