Archive pour la catégorie 'Le bon air de la campagne'

Les choses moches

Regardez comme tout est propre, joli et l’air si pur (c’est marqué, alors…), le blé tout bien aligné, le maïs d’un joli vert, les arbres séculaires dans une lumière mordorée de fin de journée : elle est pas belle ma campagne ?

Esthétique, oui. Mais on se demande bien comment aucune mauvaise herbe, aucun coquelicot ne viennent dans les épis, comment aucune bestiole ne dévore les feuilles tendres ? Vous donnez votre langue au chat ? Parce que il y a eu des hectolitres de choses moches déversées dans ces champs pour empêcher tout ce désordre. Elles sont si moches qu’elles empoisonnent gens et bêtes sauf le vendeur des choses moches liquides et invisibles qui se garde bien de prévenir.

Une deux, une deux, une deux !

Ma bonne marche à pieds journalière dans la campagne me permet d’admirer des tas de merveilles épatantes :

On aura des mûres. Souvenirs d’enfance au passage. Ma tente d’Amérique est en Bretagne ! Les iris jaunes éclairent le marigot (je ne vous parle pas des moustiques)

Le rouge et le vert

Il a plu toute la journée sauf à l’heure de ma marche à pieds, aucun prétexte donc pour l’oublier et rester devant l’ordinateur. Alors je suis allée d’un pas rapide et enjoué faire le tour des champs et prés qui environnent mon logis. J’y ai rencontré, outre les classiques céréales (clin d’œil à Catherine) et une vieille porte, une clôture qui m’a transportée en…Chine ! (Clin d’œil à Mosava).

C’est dingue, non ?

Jersey (3/5) : faune & flore

Pour ce qui est de la faune et de la flore, rien d’exotique, pas de girafe ni d’arbre du voyageur (pas besoin, il y a des pubs) mais d’ordinaires bestioles :

  1. Les “Seefood” que nous traduirons par : poisson et frites
  2. Les “Real Jersey dairy ice cream” que nous traduirons par : la vache de Jersey ne rit pas
  3. Les “Ducks crossing” que nous traduirons par : futurs magrets
  4. Les “Jersey Teddy” que nous traduirons par : doudou pour adulte en période régressive

Quant aux fleurettes elles sont également communes mais très joliment disposées dans une nature bien agencée comme il faut :

  1. Les ajoncs entourent les rochers qui se la jouent “Mère à l’enfant”
  2. Le chêne se pare de pendentifs
  3. Les cailloux se mettent du rouge
  4. Les fleurs bleues sont à poils
  5. Les fougères se déroulent langoureusement
  6. Les fleurs grimpent sur les robes

Les petites bêtes, le retour

Les voilà revenues, les industrieuses, les ennuyeuses, les bourdonnantes, les piquantes, les rampantes et les volantes ! Tout ce petit monde se réveille, cherche la lumière, trouve les fleurs, fait valser le pollen, tourne et virevolte, se fait bouffer par les hirondelles, se reproduit en vitesse : c’est le vrai printemps!

Un bémol : les abeilles se meurent de maladie, des pesticides et du manque de nourriture. Nos petits jardins modestes leur sont donc des hâvres à condition de ne pas les arroser de Roundup bien sûr. En outre, planter toutes sortes de plantes mellifères fait le jardin odorant et bourdonnant de vie.

Sans queue ni tête

Moi je vous le demande : à qui sont ces mains ?

Ciel d’avril

C’est bon : les hirondelles sont arrivées, on attend plus que le gros du peloton. Il faut me croire sur parole car je n’ai pas réussi à les photographier, elles volent trop vite pour mon escargot d’appareil et je ne suis arrivée qu’à prendre les nuages. Et même la lune mais il faut bien avouer qu’elle lambine, elle. Heureusement qu’il faisait un chouette ciel avec de bons gros nuages joufflus, c’est mieux en photo que le gris uni.

Dans mon “jardin”

J’ai mis des guillemets car le “jardin” en question n’est pas vraiment ce qu’on entend par un Jardin. Vous savez, celui qui a de belles allées courbes entre des massifs si savamment arrangés qu’on dirait que c’est naturel (un comble), des pelouses impeccables, des arbres gracieux qui forment une perspective, des rosiers précieux, une terrasse avec pergola autour de laquelle….etc. etc. Chez moi ce n’est pas vraiment ça, la main verte, la taille, le rempotage, les boutures et autres greffes ce n’est pas ma tasse de thé. La paresse. Tondre l’herbe ? Un mouton ! Mais comme on aime voyager, pas de mouton, donc l’herbe est haute et puis voilà. Donc mon “jardin” est très livré à lui-même, on évite juste les débordements. On n’a rien contre les orties, le trèfle, les paquerettes, les boutons d’or et autres fleurettes arrivées là avec le vent ou les oiseaux, on y trouve toutefois quelques plantes “civilisées” : un camélia pour faire la dame, des rosiers fou-fous pour le roman et des herbes aromatiques pour la cuisine, un hortensia famélique pour faire breton et des pots vides qui ont jadis abrité de pauvres verdures oubliées sous les intempéries. Dans le fond du terrain, sous les noisetiers, une cabane pour les enfants qui menace ruine et la poule rousse du voisin qui vient faire une cure de verdure, tandis que les oies rivalisent de cris ignobles (toujours chez le voisin, pas celui qui tond, l’autre). Mais tout ça ma foi cohabite joyeusement et forme un espace fantaisiste plein de petites surprises que finalement j’aime bien.

Post-scriptum : Les hirondelles ne sont pas encore arrivées, je les guette chaque année. En principe elles sont chez nous vers le 15 avril. Je vous tiendrai au courant bien entendu.

L’eau du robinet, à bicyclette, étape 5

L’eau du robinet arrive par des tuyaux qui, eux-mêmes, viennent d’une construction à l’architecture plus ou moins esthétique (plutôt moins d’ailleurs), le château-d’eau. Mais un panneau indiquant “station de pompage”, donne l’indice d’une installation qui, composé principalement d’une pompe, doit permettre de soutirer l’eau qui nous arrive, via le “château”, bien chlorée et à grands frais, dans l’évier. Allons voir ça.

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L’étape est facile, toute en descente et j’arrive à grands coups de freins dans une petite vallée boisée de peupliers et de pommiers au travers desquels j’aperçois un bâtiment au toit plat. Les maïs sont restés plus haut permettant ainsi aux traitements chimiques de ruisseler jusqu’à la “station” d’être naturellement filtrés. Après, de toutes façons, on lave l’eau, d’ailleurs je paye pour !

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L’endroit est désert, fermé par une grille et le bâtiment, de dimensions modestes, est plus que banal. On ne voit pas de pompe et on n’entend rien. Rien n’indique quoi que ce soit, pas le moindre petit tuyau en vue, pas d’antenne, pas de câbles, rien que ce petit bâtiment ridicule derrière la grille.

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Bon, zut, faut remonter la petite route. Arrivée sur la départementale, les voitures foncent (comme moi quand je suis dedans), me doublent en me rasant les miches et les vaches me tournent le dos.

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Au village sans prétention, étape 4

A bicyclette on peut aller chercher le pain. C’est donc ce que j’ai fait car ma maison est dans la prairie, loin (c’est relatif) du village et la civilisation. Quelques kilomètres de bitume (je vous passe les champs de maïs) mènent jusqu’au bourg. Celui-ci se compose d’une place avec une église et un monument aux morts, quelques maisons de pierre et deux commerces au faîte de la modernité : une boulangerie-supérette et un marchand de chaussures-Poste. Un restaurant, un bar-tabac et la Mairie complètent l’ensemble du “centre-ville”. Comme j’avais oublié mon porte-monnaie je n’ai pas pu acheter ma baguette. De toutes façons elles sont en carton ici. Le village, bien que peu animé, garde cependant un charme mélancolique avec son presbytère austère (c’est pour la rime) et une vieille demeure abandonnée enfouie dans une végétation aussi abondante que peu maîtrisée.
Mais ici, comme ailleurs, le besoin se fait sentir de mettre les gens dans des lotissements. Maisons banales toutes identiques du Finistère à l’Ille-et-Vilaine, faites de ciment coloriées teinte beurre frais avec leurs 10m² de pelouses sur lesquelles sont posés le barbecue, la cabane en plastique et le toboggan de plastique pour le môme. Un décor de rêve dont toute la Bretagne se dote. Comment transformer une petite commune rurale ennuyeuse en grande commune banlieusarde ennuyeuse.

Le presbytère, une maison, la Poste et le lotissement.

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La vie des livres

"Les livres sont une des rares choses que les hommes chérissent vraiment. Et les esprits les plus nobles sont ceux-là aussi qui se séparent le plus facilement de leurs plus chères possessions. Un livre qui traîne sur un rayon, c’est autant de munitions perdues. […] Quand vous vous êtes nourri l’esprit et l’âme d’un livre, vous vous êtes enrichi. Mais vous l’êtes trois fois plus quand vous le transmettez ensuite à autrui." Henri Miller

Mais qu'est-ce que vous racontez ?