Archive pour la catégorie 'Promenons nos livres'

Je lis donc je lis

Sans livre, sans lecture, aïe, ouille, quelle horreur. Je préfère ne pas y penser et je suis alors prête à lire n’importe quoi, même la boite de corn-flakes, le mode d’emploi en serbo-croate (traduit en français par Gogole) d’un radio-réveil fabriqué en Chine, voire un Harlequin.  C’est pourquoi Landrellec m’a demandé de dévoiler mes habitudes de lectrice, je pense.

Alors, corne ou marque-page,  qu’importe ? Tant que j’ai un livre pas trop loin, tant pis si je perds ma page, de toutes façons je la retrouve.  Ceci dit je possède une demi tonne de marque-pages que j’aime beaucoup et qui me servent assez peu. Ils représentent juste  la promesse de futures lectures. Je ne corne pas plus les pages,  je pose le livre à l’envers sur la page en question quelle horreur, hein…

Souvent je reçois des livres en cadeau. Je dois avoir une tête à ça. Quand on m’offre un manuel je trouve ça vexant (le jardinage, le tricot, la photo, la cuisine, le bricolage, l’aquarelle, etc.)  même si je suis nulle dans le domaine en question.

Je peux lire à peu près partout mais pas dans un bain car n’ai pas de baignoire, le problème est donc résolu.  Je peux lire sur la mer (en bateau) mais pas dedans (en maillot de bain).

J’ai appris qu’ écrire un livre était un besoin  impérieux.  Je n’ai jamais rien ressenti de tel, je me contente de rédiger des rapports archéologiques indigestes parce que j’y suis contrainte.

Comme de nombreux lecteurs j’ai beaucoup apprécié la série à plusieurs tomes de “Millénium”, je crois que c’est la première fois que j’abordais une série. A moins que l’on considère chaque roman des aventures d’un héros récurrent (genre Adamsberg) comme une série, dans ce cas, ça m’en fait deux !

je n’aime pas relire et je n’ai pas de livre-culte.

Ce week-end j’ai rencontré un auteur que j’ai aimé. C’était à Saint-Malo, lors d’un petit déjeuner organisé par les Étonnants Voyageurs. Il faisait un temps radieux, le café sentait bon et c’était avec Claudie Gallay, une personne adorable.  Je l’ai écoutée avec bonheur et enchantement. J’attends d’un auteur qu’il m’enchante, elle l’a fait !

Ce que je fais là, en ce moment ? Ben je suis en train de parler de mes lectures !

Mode d’emploi pour choisir un livre : avoir une bonne librairie avec un(e) bon(ne) libraire dedans.

Où peut-on lire ? Mais ma bonne dame, partout ! Surtout le livre idéal :  bien écrit, intrigue épatante, imperméable (pour les adeptes du bain), 500 pages au moins, du suspense, de l’amour, du crime, de la politique, avec des recettes de cuisine et des descriptions de paysages ou lieux que je vais pouvoir aller visiter. Et ne vous avisez pas de  lire par dessus mon épaule ou je vous assomme avec le volume en question. Allez donc regarder la TV ou jouer avec vos jeux vidéo et laissez-moi plutôt lire dans mon coin, tranquille.

C’est quoi une “lecture inavouable ” ? Je n’en connais pas. Ah si, le mode d’emploi du mixer à 10 vitesses traduit du japonais par Gogole. C’est pour lire en faisant la cuisine. Par contre lire en mangeant c’est mal élevé, et puis on ne pense plus à bien mâcher. Lire en écoutant de la musique, si ce n’est pas du tout mal élevé, ça ne me sert à rien je ne sais pas écouter si je lis. Par contre je n’arrive plus à lire tandis que les “bom bom bom” du voisin qui se prend pour un dj de génie se déchaînent dans ma paisible campagne. Quant à lire un livre électronique (surtout en mangeant et en subissant les bombombom), je dois avouer que j’en suis certainement incapable. Lecture du jour : voir colonne de droite, tout en haut et le prochain je ne sais pas. Voir même endroit plus tard.

Les livres je les achète, je les emprunte et je suis disposée même à les voler si besoin était. Je les abandonne volontiers en cours de lecture et aussi partout dans la nature quand je les ai terminés (bookcrossing).

livresPetit étalage entre amis à Saint-Malo, dimanche

Ceux qui veulent raconter leur manière de lire le font, et ceux qui ne veulent pas ne le font pas ! J’ai dit.

A Lyon

A Lyon j’ai vu…

…la fenêtre du pauvre et la fenêtre du riche

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…un sourire en bois et des sourires en vrai

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…des pandas en papier mâché et une femme en bronze

pandas statue

…un palais tout blanc qui abritait des romans tout noirs

palais festival

…des fleurs géantes et une belle salade

fleurs salade1

A Lyon j’ai passé un week-end épatant entre livres et amis, échanges d’idées et rigolades. Et puis j’ai vu aussi (et même parlé avec) des auteurs de talent comme Douglas Kennedy et Jean-Bernard Pouy…

Voir du pays

Mais pourquoi donc aller à Auvers-sur-Oise où il n’y a même pas la mer mais juste un petit bourg perché au milieu de rien ? En plus je n’ai même pas vu l’Oise si ça se trouve elle n’existe même pas et c’est juste pour attirer le touriste ? Bref je suis allée à Auvers en abandonnant mari et chats à un sort peu enviable puisque sans personne pour leur faire la cuisine, les pauvres. Je ne vous raconte pas le trajet pourtant exceptionnel : le TGV n’avait que 5 minutes de retard, mon voisin de train était silencieux, inodore, sans téléphone ni sandwich au pâté et mon chauffeur personnel grande classe m’attendait à la gare avec patience et une Citroën limousine blanche. Ca n’arrive qu’une fois par siècle un voyage pareil. J’aurais pu retourner illico dans ma Bretagne profonde et déjà c’était absolument sensationnel. Un rêve quoi.

Mais nous en étions à causer d’Auvers, petite bourgade nichée dans un écrin de maïs et dans le souvenir de Vincent et où je vins, invitée à partager livres, repas et promenade avec quelques sympathiques allumés que j’aime beaucoup, j’ai nommé les corsaires du livre qui, entre autres défauts, déposent des livres partout, vénèrent les librairies et n’ont aucun respect des horaires (un scandale). Après avoir dévalisé une bouquinerie nichée dans un train et englouti une bonne soupe bien chaude (plus quelques accompagnements délicieux) nous avons visité les décors des tableaux du maître, puis dévalisé une autre librairie cette fois perchée dans un immeuble avant de retourner au bercail ravis, épanouis et avec une tonne de livres au bout de chaque bras. Et maintenant un petit jeu parce que je sens que vous vous endormez, là au fond. Voici trois photos qui ont été prises par moi selon l’angle de vue de trois tableaux de VVG. Retrouvez les tableaux. Fastoche.

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le dernier : la pluie

Roz Ven

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“Le fait est qu’avec la chaleur il y a eu une éclosion de Vulcains et de petites tortues, frais, vifs, d’un velours intact et fleuri, qui font plaisir à voir. Nous avons le temps de Rozven, c’est à dire jamais froid, souvent orageux et plat sans pluie, puis ardent avec un vent léger, enfin des délices variés,  ou du moins je suis résolue à les nommer délices.” Colette, août 1914

“… je veux que vous voyiez Rozven, son anse de mer verte, les rochers compliqués, le petit bois, les arbres neufs et les anciens, la terrasse chaude, les rosiers, ma chambre jaune, et la plage où la marée apporte des trésors…”

Cette maison de Rozven que Sidonie-Gabrielle aimait tant et où elle a passé de nombreux étés à écrire existe toujours. Puisqu’elle le voulait on a donc été la voir et lui laisser un livre* en hommage. Il faisait froid et les volets clos de la maison grise n’évoquaient guère les étés joyeux dans un jardin fleuri. D’un autre côté on me la donnerait cette maison… La côte est intacte, sauvage, la plage de sable est au bas de la pelouse, la vue magnifique donc.

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*La petite tache blanche dans les canivelles est un livre de Eric Orsenna “La grammaire est une chanson douce” Il attend des mains bienveillantes pour le mettre à l’abri et des yeux attentifs pour le lire. En patientant dans son plastique il a tout de même vue sur mer !

A la vitesse d’un cheval au galop

Un cheval très vieux et très malade des quatre pattes alors. Parce qu’il a suffit de marcher tranquillement et on ne s’est même pas mouillés les pieds ! La marée montait paresseusement et est venue doucement lécher les murs.

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C’était la toute fin d’une bonne après-midi à louvoyer entre des hordes de Japonais en troupeaux bien serrés et les innombrables boutiques de la Mère Poulard. Après avoir libéré quelques livres dans la rue principale qui regorge d’épées en plastique, de gâteaux de la Mère Poulard et de souvenirs du Mont en plastique chinois, nous fûmes, par les petites ruelles tordues, partis à la recherche du temps perdu d’échappées sur la baie et de l’envers du décor. C’est dingue, ça existe ! Sauf au printemps, en été et en automne, je précise néanmoins. En outre, la météo qui nous avait alloué un temps sibérien a bien aidé à vider l’endroit du bon peuple des touristes, sauf des Japonais qui sortent tant que leur appareil photo ne gèle pas.

Nous étions au milieu d’un paysage horizontal, presque incolore, mi liquide mi aérien, aux limites indéfinies et changeantes et dans lequel l’abbaye opposait ses lignes pures, ses contours nets, presque brutaux, sa verticalité aiguë et son espace défini.

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On a beau dire, cet endroit est quand même assez magique. Mais j’ai trouvé que le paysage était incomparablement plus émouvant* que l’architecture de l’abbaye qui, il faut bien le constater, a fait (enfin pour l’époque) pas mal dans la frime. Et puis ça sent un peu la restauration Monuments Historiques et l’authentique s’en ressent un chouïa. Mais bon, on va pas se plaindre que la mariée était trop belle non plus.

*Comme les sables du même nom, huhu !

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