Archive pour la catégorie 'Vue sur mer'

Jersey (1/5) : un peu de géographie

Ce week-end nous fûmes à Jersey.
Comme vous le savez certainement (mes lecteurs ont un niveau culturel), Jersey est une île. Elle est nichée au milieu des flots de la Manche, pas trop loin à l’ouest du Cotentin, ce qui fait que :

  1. Elle est entourée d’eau même à marée basse
  2. On y trouve des ports, souvent assez minuscules
  3. Le sable des plages est rose
  4. On se fait des émotions au bord de falaises vertigineuses
  5. Les rochers y sont pointus et nombreux, d’où la présence d’un phare
  6. Les champs sont parfois si pentus qu’on se demande comment les patates ne roulent pas toutes en bas.

Suite au prochain épisode, bientôt, incessamment sous peu, sans tarder, promptement.

*Mode grany off*

De retour dans ma prairie, après avoir rendu les Dugudus à leurs parents respectifs, tout semble bien vide sans cris joyeux et cavalcades dans la maison. Donc il a bien fallu se faire un sas de décompression à la mer afin de retrouver la sérénité de notre train-train de vieux croûtons…

Saint-Malo dans ses atours de marée basse et de nuages tourmentés a parfaitement fait l’affaire !

Au Sillon de Talberg

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Profitant du mauvais temps (averses et vent assorti) durant notre séjour pascal dans les Côtes d’Armor, nous avons eu envie d’aller voir les touristes s’envoler au bord de la mer, occupation toujours réjouissante, sans oublier que l’on fait partie des ci-devants touristes. Nous avons donc choisi un endroit bien éventé, bien maritime avec embruns, goélands et rochers, dunes et phare, bref une vraie image d’Epinal. Sauf que le Sillon de Talberg (ou Talbert) n’est pas d’Epinal puisqu’il est breton. Mais c’est quoi ce sillon ? Eh bien cliquez sur le lien ci-dessus ! En résumé c’est une langue de galets et de sable qui s’avance de trois bons kilomètres dans la mer dans un paysage de rochers pointus qu’il ne vaut mieux pas toucher de son bateau. La tempête précédente avait un peu cassé les protections de la dune et apporté des tonnes d’algues mais dans l’ensemble ce brave sillon avait vaillamment résisté. Quant aux touristes, et donc nous-mêmes, on a eu les sinus tout à fait débouchés, les pieds tordus dans les galets mais, entre deux averses copieuses, on a pu se régaler des ciels tourmentés, d’horizons maritimes comme il faut et d’iode en quantité industrielle. Mais aucun œuf en chocolat.

Le petit blog à la mer

On a beau apprécier la campagne, son silence, ses prés à l’herbe fraîche, ses maïs, ses élevages aux subtiles senteurs, ses vaches aux pis géants, ses moutons paisibles, ses chasseurs armés jusqu’aux dents pour la battue au renard, ses grands-pères en casquette qui, entre deux courses en voiturette, bêchent tranquillement leur potager, ses fermières aux bouclettes bien serrées, ses oeufs du jour dans la poêle et ses poulets avec leur tête et leur foie qui tournent sur la broche, ses feux dans la cheminée, ses oiseaux réfugiés dans notre jardin, ses… Bon, stop ! On a beau apprécier la campagne où notre logis est installé, il faut toujours qu’on fonce à la mer dès que le moindre microscopique prétexte est trouvé. Et même sans prétexte. Et là, les pieds sur les rochers, le sable ou le port, le nez au vent et l’œil sur les vagues on se sent vivre, on se sent tout court. Addicts. Hier on était à Saint-Malo (notre grand amour) afin d’aller quérir des billets (que l’on peut commander facilement par internet) pour Jersey. Tiens ? Encore une île…

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Photo 1 : Le “Petit-Bé”, fort construit par Vauban pour défendre l’entrée de Saint-Malo et de la Rance - Photo 2 : Au bout du môle, le feu babord - Photo 3 : Quelle heure était-il ? - Photo 4 : La piscine surréaliste (sans aucun trucage) au milieu des flots

Belles îles

J’adore les îles et ça tombe bien car, par chez nous, elles ne manquent pas. Il y en a pour tous les goûts, de la plus âpre à la plus douce, de la plus célèbre à la plus modeste, de la plus proche du continent (on y va à pied sec à marée basse) à la plus lointaine (une heure de mal de mer…), de l’habitée à la déserte, de la plus minuscule à la plus vaste. Samedi, nous voilà donc partis pour une île catégorie “modeste, petite, douce, lointaine et habitée” j’ai nommé Hoedic. Le hic c’est que suite à un mélange royal de pinceaux on a raté le bateau. Déception cuisante sur le quai de Quiberon, nos rêves embarqués depuis deux heures. Zou on ne se laisse pas abattre, on cherche un autre rêve dans notre catalogue, à nous Belle-Ile-en-Mer ! Le bateau nous attend, un hôtel vue sur mer réservé, et c’est parti !

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Arrivée dans la douceur du soir au petit port de “Le Palais”*, dîner de poissons, promenade nocturne près des remparts de la ville, sommeil paisible. Journée sur les chemins côtiers dans les arômes suaves des premiers ajoncs en fleurs, mêlés à ceux de la mer et des plantes marines, découverte de criques vertigineuses, couleurs, sable**, rochers, vagues, oiseaux, citadelle du XVIIe siècle avec ses bastions en étrave de bateau monstrueux, maisons estivales closes… Un petit monde savoureux pour nous tout seuls et quelques rares touristes éparpillés. Allez donc à Belle-Ile*** hors saison (l’été c’est impraticable).

* Ma note précédente était prémonitoire !
** On a écrit quelque chose dans le sable (photo 7) : c’est quoi ?
***La chanson de Laurent Voulzy “Belle-Ile-en-Mer” concerne Marie-Galante à la Guadeloupe (qui est aussi nommée Belle-Ile-en-Mer), et non pas Belle-Ile-en-Mer en Bretagne. Marie-Galante est également magnifique.

L’océan qui rugit

En fait d’océan, la Manche est plutôt une mer mais ça fait moins littéraire, tragique et hugolien que océan, qui lui a une dimension quasi épique. Mais c’est la Manche qui baigne la côte nord de la Bretagne que peut-on y faire ? Pourtant la Manche sait très bien être terrible et envoyer des vagues énormes sur de gentils pétroliers qui ne lui avaient rien fait et qui dégazaient paisiblement hors du rail.

Dimanche la tempête était censée faire rage, donc illico on est partis voir ça. Manque de bol le vent était sud-ouest et vu que la côte est plein nord, pas la moindre petite vague en vue, aucun embruns glacés ni rugissement océanique. On s’en serait douté.

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Malgré la lumière un peu terne, les vaguelettes ridicules et le tronc des Sauveteurs Bretons abandonné à sa rouille, ce fut une promenade vivifiante, égayée par les ajoncs en fleurs et un bain de pieds rafraichissant. Aux dernières nouvelles, les orteils sont toujours raccordés aux pieds de la demoiselle. Il est juste tombé un tout petit peu de sable sur son sol parisien, en retirant sa chaussette.

Les embruns qui fouettent le visage

Ce qu’il y a de bien avec les weekends c’est que l’on peut faire des promenades dominicales. Et ce qu’il y a de bien quand on habite en Bretagne c’est que l’on peut faire ces promenades dominicales au bord de la mer. Et ce qu’il y a de bien au bord de la mer c’est que des embruns glacés vous fouettent le visage. Mais avant de lancer des embruns glacés au visage de notre invitée (on a le sens du romantisme, nous), il fallait parfaire sa culture par la visite de quelques monuments typiquement bretons. Nous avons donc, après l’allée couverte ci-dessous décrite, été admirer le menhir le (presque) plus haut d’Europe. On ne sait pas à quoi ça servait à l’époque (-4000 ans avant JC ), on a perdu le mode d’emploi. Les archéologues émettent bien quelques hypothèses en prenant l’air préoccupé mais finalement ils ne savent pas trop de quoi il retourne.

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Suite de quoi nous avons été au Mont Saint-Michel. Comment ça il n’est pas breton ? Ah ah ! Mais les travaux de désensablement le remettent en Bretagne, (air faussement innocent) vous ne saviez pas ? En tous cas le Mont Saint-Michel il est beau. Surtout vu de loin, sans les campings-cars et les autobus bourrés de japonais qui se photographient mutuellement devant le restau de la Mère Poulard. Mais pour les embruns c’était pas gagné car la mer était basse,  au large, ce qui, au Mont Saint-Michel, n’est pas la porte à côté.

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Encore une fois le jour s’est mis à tomber et il a fallu abandonner notre tournée culturelle et les embruns. Mais nous n’avions pas dit notre dernier mot puisque le lendemain nous irions voir de plus près l’océan (qui rugit, forcément).

Tiens, un jour je vous raconterai une petite fouille que j’ai faite sur le Mont. Rappelez-le moi à l’occasion.

Le voyage à Paimpol

Ce titre, me direz-vous, est un plagiat, une copie*. Ben oui, peut-être, mais moi j’ai fait un voyage à Paimpol aujourd’hui, sans blague. Alors j’ai le droit de mettre “Le voyage à Paimpol” en titre, c’est vrai quoi, on ne va pas passer la soirée là dessus ! Je disais donc que je suis allée à Paimpol. Ce n’est pas la première fois, vu que j’y suis pratiquement née (enfin à quelques mois près) et que c’est chez moi, non mais. Donc je reviens de Paimpol, là. Parce que ça beau être chez moi, je n’y habite pas. Je disais quoi déjà ? Ah oui j’ai été à Paimpol, Côtes d’Armor pour ceux qui ne savent pas leurs départements. Pas à Paimpol même mais à l’abbaye de Beauport, qui, comme son nom l’indique, est un bâtiment plutôt religieux, du moins à l’origine, et qui se trouve au bord de la mer, emplacement difficile à éviter à Paimpol. Mais bon. J’étais là pour une réunion dont vous n’avez rien à cirer et qui s’est terminée suffisamment tôt pour que je puisse faire un petit tour alentours.
En exclusivité pour vous : il n’y a pas de falaise à Paimpol. Mais de la marée basse, ça oui !
Je vous ai fait quelques photos mais vous ne verrez pas tout, c’est juste pour vous appâter parce le mieux c’est de venir voir vous-même. C’est beau, c’est classe, c’est ancien (XIIIe-XVIIIe siècles).

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*”Le voyage à Paimpol”, Dorothée Letessier, Points Poche

Il pleuvait sur Saint-Malo

Mais comme les Bretons ne sont jamais mouillés nous y sommes allés quand même. Les fêtes passées il régnait une certaine mélancolie sur la ville, la mer basse avait laissé des flaques et des algues dans les rochers qui ne payaient pas de mine. Mais nous étions contents néanmoins et toutefois car on a crapahuté sur l’estran, sautant entre les mares avec un petit vent frais pour nous rosir les joues et une bonne odeur iodée pour nous réjouir les narines. On a déjeuné de poisson, on a visité Châteaubriant en sa tombe sur laquelle j’ai abandonné “Le diable au corps” afin que le passant éploré de la disparition trop précoce de l’auteur puisse se consoler avec une histoire plus fun que les “Mémoires d’outre-tombe”. On a rencontré une Simca (comble du vintage) garée sous les écailles d’un Marcel fort décati. Puis la nuit venant nous avons réintégré notre campagne où quelques mets italiens nous attendaient. C’était un samedi de pluie.

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Auto-portrait au blockhaus

Au bord de l’océan, un gros blockhaus isolé aperçu de loin à midi depuis le resto où je déjeunais (ma vie est un enfer), et que je me suis promis de visiter de près. Ce que j’ai fait après le boulot.

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Lettre au blockhaus :
Héhé mon vieux, tu es juste un peu plus vieux que moi. Tu es construit très solidement : murs en béton armé bien épais et pourtant tu t’enfonces dans le sable, on te voit les intérieurs, tu es plein de graffitis, quelle déchéance. Comme on est presque du même âge, je voulais nous photographier ensemble. Comme personne n’étais dans les environs pour le faire, j’ai dû trouver un support pour l’appareil et actionner le retardateur mais c’était loin et même en courant je suis arrivée trop tard. Finalement j’aime bien cette photo en mouvement. Pour l’autre j’ai pu arriver à temps, l’appareil était posé plus près. J’ai quand même l’air plus jeune que toi, hein ? Mais tu me survivras sans doute même si on continue de te laisser manger par la mer. On ne peux rien contre la mer. Moi je peux courir mais pas toi. Toi tu es un patrimoine qu’on préfère oublier, à cause des mauvais souvenirs peut-être ? Moi je ne suis pas un patrimoine mais j’ai des copines !

Contente d’avoir fait ta connaissance, au revoir vieille chose sans cœur.

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La vie des livres

"Les livres sont une des rares choses que les hommes chérissent vraiment. Et les esprits les plus nobles sont ceux-là aussi qui se séparent le plus facilement de leurs plus chères possessions. Un livre qui traîne sur un rayon, c’est autant de munitions perdues. […] Quand vous vous êtes nourri l’esprit et l’âme d’un livre, vous vous êtes enrichi. Mais vous l’êtes trois fois plus quand vous le transmettez ensuite à autrui." Henri Miller

Mais qu'est-ce que vous racontez ?